Mon Amiga 600 comme avant, mais en mieux !

L’Amiga 600, l’ensemble informatique complet qui a englouti mes premières payes dans les années 90.

Bonjour à tous,

Je vais vous parler aujourd’hui de l’Amiga 600, que j’ai possédé dans les années 90. Cet « entre deux » de Commodore (entre le 500 et le 1200), m’avait coûté la bagatelle de 6500 Francs.

Alors que je montais bosser sur Paris, et quitte à bouffer des patates, autant le prendre complet avec une Extension RAM 1Mo supplémentaire, un disque dur 24Mo (si, si !), une imprimante Commodore matricielle à aiguilles et le moniteur couleur de même marque.

C’était donc mon premier ensemble bureautique et ludique, qui a fonctionné longtemps puisque mon frère, de 6 ans mon cadet, s’en est servi  à la fin des années 1990 pour imprimer ses rapports de stage. Après cela, l’ordinateur est retourné dans la cave de mes parents, du coup il a fini dans la benne à ordures avec les vieux trucs dont mes parents se débarrassaient.  :-/ Étant toujours sur Paris à l’époque, je n’ai  pu m’y opposer…

J’ai donc écumé « la baie » et « le bon angle » pour le récupérer tout nu, vendu par un belge il y a 2 ans

Je me suis ensuite procuré une souris d’origine chez un allemand, mais, même nettoyée, c’était une catastrophe sur autre chose qu’une table en bois, aussi…

Je me suis offert un adaptateur USB vers DB9, afin de pouvoir utiliser une souris optique sur mon Amiga. Seulement, très peu de souris optiques USB sont compatibles Amiga. Seules les plus anciennes (fournies avec adaptateur vert « USB vers broche PS2 ») marchent bien. Cette vieille Logitech a beaucoup plus de sensibilité que la souris d’origine, et fonctionne sur tout support, et sans tapis. 😉

Mon Amiga était déjà fonctionnel, mais faire « grille-pain » avec les 12 disquettes d’Indiana Jones And The Fate Of Atlantis me bourrait le mou…  J’ai pu trouver en neuf l’extension 1Mo RAM + « Real Time Clock » (pile bouton CR2032 pour conserver les réglages à la manière de la Sega Saturn), mais je devais trouver une solution pour le disque dur.  Allez trouver, sans revendre un organe,  un disque dur Amiga de 24Mo en 2019 ?!#@

Cependant, la solution de la Compact Flash, avec les nouvelles roms kickstart et un OS amélioré de chez Cloanto, ne me convenait pas non plus. Je souhaitais une expérience rétro authentique, et non une « bâtardisation » logicielle avec gestion de grands disques durs mise en place par une illustre société italienne inconnue, s’étant récemment payé le droit d’utiliser les mots Amiga, Workbench et Kickstart. (Cloanto).

Je restais sur mon idée de disque dur, et décidais d’ouvrir la bête. Ce faisant, il faut faire attention à débrancher soigneusement la fiche d’alimentation des LEDs du clavier, et que les coques du haut (côté clavier), et du bas (côté carte-mère) aient un angle de 45 degrés max, car vous risquez d’arracher le connecteur dont les câbles sont courts. Une fois ce connecteur débranché, la nappe verte du clavier est assez longue pour permettre une ouverture des 2 coques à angle droit.

Dans le coin supérieur gauche de la carte-mère, on peut trouver un connecteur 44 broches qui ressemble furieusement à celui d’une mini nappe IDE format ordinateur portable. Par chance, j’avais un vieux disque dur IDE portable  de 80Go avec son boitier interface.

Le disque dur Amiga d’origine est nommé SCSI , mais les disques durs IDE sont compatibles. On voit ici le connecteur IDE 44 broches avec le « 1 » qui marque l’emplacement du câble rouge de la nappe IDE.

La fameuse interface IDE-USB récupérée sur un vieux boitier de disque dur portable.

Et voici donc le 80Go IDE, ainsi qu’une mini nappe IDE trouvée sur la baie pour 5 balles. On voit bien le fil rouge détrompeur sur le bas de la nappe grise que l’on mettra en vis à vis du « 1 » sur la carte mère.

Mais on n’en est pas encore au montage. Il faut préparer ce disque afin qu’il soit reconnu comme un vrai disque Amiga. Et c’est d’autant plus difficile lorsqu’on ne possède pas les disquettes système.   :-/  Pour ce faire, il va falloir installer l’émulateur Amiga WinUAE sur un PC, en prenant soin de télécharger les images des différentes ROMs existantes sur Amiga (les Kickstarts) ainsi que les images des disquettes systèmes au format ADF (Amiga Disk Format).

Une fois fait, il va falloir configurer WinUAE et renseigner exactement le matériel que l’on a, la RAM dispo, et c …

WinUAE dispose de configurations-types. On prendra A600 (UAE Default Configuration) pour commencer mais on la modifiera.

Dans le paragraphe « Configurations », on voit A600 (UAE Default Conf) que l’on va prendre pour base, mais j’ai créé également une conf A600Real dans laquelle j’ai déclaré le disque dur IDE branché au pc par l’intermédiaire du boitier interface IDE-USB.

Dans CPU et Chipset, on prendra bien soin de sélectionner le bon matériel. Pour moi :  A600, CPU 68000, Full ECS, 0% d’augmentation de vitesse processeur, best compatibility.

Dans ROM, on sélectionnera (à la condition d’avoir téléchargé les kickstarts, et d’avoir renseigné les chemins d’accès dans WinUAE) le kickstart correspondant au type d’Amiga et à la version du système que l’on voudra installer dessus (ici un Workbench 2.05 pour un Amiga 600 à disque dur(A600HD)).

Dans RAM, on mettra uniquement la RAM que l’on a sur la machine physique (1Mo natif dans la machine et une extension de 1Mo en puce additionnelle pour moi). Ça permet d’éviter des dysfonctionnements ultérieurs du disque dur préparé sous émulateur, et inséré par la suite dans l’Amiga réel.

Puis dans le paragraphe CD & Hard Drive, on va ajouter notre disque Samsung IDE détecté par Windows. L’avantage de l’émulateur WinUAE est que l’on peut créer un « point de montage » sur un répertoire Windows, et le monter comme un disque dur additionnel, visible sur le futur disque de l’Amiga. Ça permet de passer des ADFs, des utilitaires, des jeux déjà installés depuis le pc, directement sur notre disque IDE « Amiga ».

 

On va alors insérer la disquette ADF virtuelle nommée Workbench dans le lecteur virtuel de disquettes DF0 afin de démarrer un amiga 600 tout aussi virtuel sous émulateur.

Une fois le Workbench démarré, on va aller dans Tools

Puis on va cliquer sur HDToolBox

Le disque IDE SAMSUNG est reconnu par le système, on clique sur le bouton Partition Drive

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Attention, ce vieux système d’exploitation de fichiers (Workbench) a ses exigences, et ses limites.  Ainsi les 2 premières partitions créées ne doivent pas excéder 1,5 Go, le  point de montage de la partition système DOIT ABSOLUMENT SE NOMMER    WB_2.x (pour un système Workbench 2.05), alors que celui de la partition d’utilitaires DOIT SE NOMMER Work . L’utilitaire de formatage refusera de faire son office si ce n’est pas le cas. Je n’ai pas installé beaucoup de Workbenchs sur disque dur en 1992, du coup, récemment, je me suis pas mal cassé les dents dessus, ayant ignoré ou oublié ces détails. :-/

Ainsi, j’ai créé sur mon Disque 80Go, trois partitions à l’aide d’HDToolBox :

La première ne fait que 300Mo, mais c’est largement de trop pour un système en 4 disquettes de 720 Ko.

La seconde fait 1383Mo, ce qui est plus qu’honorable car les disques durs de l’époque faisaient 20 ou 40Mo seulement

La dernière contiendra les disquettes virtuelles, on est à presque 2Go et on atteint les limites du système de fichiers. Il a vraiment du mal à indexer tout ça.

Alors, vous me direz qu’il n’y a pas le compte, et vous aurez raison : 300Mo+1383Mo+1887Mo, on n’a même pas dépassé les 4Gigas sur 80. Ça fait pas lourd, mais il y a vraiment assez d’espace pour stocker un fullset de fichiers ADF.

Et puis notre 80Gigas est un tantinet plus rapide que son illustre ancêtre  de 24Mo, aussi, il faut dégrader, dans chaque partition, son débit maximum de transfert des données  (max transfer)  pour éviter les crashs et les erreurs de lecture. Je ne me souviens plus de la valeur à renseigner, mais elle se trouve sur des forums dédiés. Malheureusement, accéder à mes réglages risque de faire sauter le paramétrage de mon disque IDE et de me contraindre à tout refaire depuis le début (ça sent le vécu)  :-/

Il ne reste plus qu’à insérer les disquettes système à la demande dans les lecteurs virtuels de WinUAE, et à installer un Système Workbench tout neuf sur notre disque dur IDE. L’utilitaire se trouve dans la disquette répondant au doux nom de Install.adf. Franchement, l’installation n’est rien à côté du paramétrage et du formatage des disques. Il n’y a qu’à suivre et lire un peu l’anglais.

Nous avons maintenant un beau Workbench installé sur le disque dur IDE, ainsi que les partitions ADF et Work montées, le tout piloté par l’émulateur WinUAE.

Je vous ai parlé plus haut d’un point de montage de répertoire Windows en tant que disque dur  dans l’émulateur WinUAE. On s’en sert maintenant pour copier-coller en masse, et directement sur le disque IDE, des images de disquettes virtuelles au format ADF, ainsi qu’un utilitaire Amiga développé plus récemment (ADF-Blitzer).

Copie dans la partition ADF d’un fullset de disquettes virtuelles Amiga au format ADF (pendant plus de 4 heures…) :-/

Copie, dans la partition Work, sous-répertoire Utils, de l’utilitaire ADF-Blitzer ainsi que de 2 copieurs bit à bit de disquettes (X-copy pro et Cyclone)

On peut même passer des installations de jeux Amiga déjà faites sur émulateur par l’intermédiaire du point de montage (les installs se résument à 2 fichiers dans l’environnement Windows, à copier sur le disque Amiga dans la partition Work (en s’économisant des heures de « grille-pain » en changements de disquettes)

Je finirai par vous parler de cet utilitaire génial qu’est ADF-Blitzer. Il permet de recréer des disquettes réelles à partir d’une image virtuelle en ADF, mais aussi, de faire le contraire, et donc de générer une image ADF à partir d’une disquette Amiga réelle       o_O

Je n’en reviens encore pas, n’étant pas adepte d’un Gotec défigurant la fente de mon lecteur de disquettes, je me trimballe avec mon Amiga et toute sa ludothèque virtualisée, et je peux recréer à la volée toutes les disquettes dont j’ai besoin ou qui ne fonctionnent plus, ou en ripper d’autres. Il faut savoir que ADF-Blitzer a 100% de succès d’écriture d’images ADF, et fait une disquette en 40 secondes. Les seuls échecs constatés sont dus aux erreurs d’écriture sur des disquettes physiques ayant des blocs défectueux. Ça arrive de plus en plus souvent car il est difficile de tomber, de nos jours, sur des lots de disquettes jamais déballées depuis qu’elles ont été fabriquées…

L’utilisation d’ADF-Blitzer est con comme la mort : Un bouton Write avec une disquette vierge dans le lecteur pour écrire dessus une image ADF, un bouton read avec une disquette enregistrée dans le lecteur pour créer une image virtuelle ADF de cette dernière sur le disque dur Amiga.

L’appui sur Write ouvre une fenêtre Workbench de navigation afin de choisir l’ADF à écrire sur une vraie disquette.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Maintenant que tout ce que l’on voulait se trouve sur le disque IDE, il n’y a plus qu’à le placer dans l’Amiga.

Nous retrouvons notre Amiga 600 « en cathédrale ». J’ai branché la mini nappe IDE au connecteur 44 broches de la carte-mère et au disque IDE. N’ayant pas eu, avec cet Amiga 600, le berceau pour disque dur, j’ai immobilisé ce dernier avec un bracelet élastique. Le disque ne bouge absolument pas. On voit en arrière plan la nappe verte et le clavier, coque supérieure calée à l’équerre, contre mon CRT. Le coin noir, en bas à droite, c’est l’extension RAM 1Mo.

J’ai pu refaire mes disquettes systèmes manquantes avec ADF-Blitzer et ai retrouvé des scans des étiquettes sur internet.

Là, je vous laisse, j’ai du boulot ! 😉

 

 

 

 

 

 

 

 

A bientôt !

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